L'argent par les textes, Molière, 'L'avare', Zola, 'L'argent', Simmel, 'Philosophie de l'argent'
EAN13 : 9782301000477
ISBN :978-2-301-00047-7
Éditeur :CDU-Sedes
Date Parution :
Collection :Impulsion
Nombre de pages :190
Dimensions : 2 x 1 x 0 cm
Poids : 530 g
Langue : français
Code Dewey :809.933

L'argent par les textes

Molière, "L'avare", Zola, "L'argent", Simmel, "Philosophie de l'argent"

De , François Pépin, Michèle Navarro

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1?>Argent et valeur?>?>1?>Un métal précieux et un signe de valeur?>Nous l'avons largement oublié, mais les monnaies furent longtemps frappées sur des métaux précieux, notamment l'or et l'argent. D'ailleurs, cet article de l'Encyclopédie comporte deux moments dont le premier s'intéresse exclusivement à l'argent comme métal, le second (qui commence avec notre extrait) à l'argent sous l'angle de la valeur. L'argent est alors considéré sous un double caractère : comme marchandise, il est métal précieux, comme monnaie, il est le signe d'une autre forme de valeur. Cela rejoint (avec des différences) la distinction que Marx puis Simmel mettront au centre de leurs analyses, celle entre valeur d'usage et valeur d'échange. Notre passage s'attache à traiter un double problème typique de l'époque classique : il produit une distinction nette entre ces deux types de valeurs en soulignant l'arbitraire du signe, mais il s'intéresse aussi aux phénomènes qui rappellent l'existence d'un lien entre le métal et le signe.
ARGENT est dans notre langue un terme générique sous lequel sont comprises toutes les espèces de signes de la richesse courans dans le commerce ; or, argent monnoyé, monnoies, billets de toute nature, etc. pourvû que ces signes soient autorisés par les lois de l'état. L'argent, comme métal, a une valeur, comme toutes les autres marchandises ; mais il en a encore une autre, comme signe de ces marchandises. Considéré comme signe, le prince peut fixer sa valeur dans quelques rapports, et non dans d'autres ; il peut établir une proportion entre une quantité de ce métal, comme métal, et la même quantité comme signe ; fixer celle qui est entre divers métaux employés à la monnoie ; établir le poids et le titre de chaque pièce, et donner à la pièce de monnoie la valeur idéale, qu'il faut bien distinguer de la valeur réelle, parce que l'une est intrinsèque, l'autre d'institution ; l'une de la nature, l'autre de la loi. Une grande quantité d'or et d'argent est toûjours favorable, lorsqu'on regarde ces métaux comme marchandise ; mais il n'en est pas de même lorsqu'on les regarde comme signes, parce que leur abondance nuit à leur qualité de signe, qui est fondée sur la rareté. L'argent est une richesse de fiction ; plus cette opulence fictice se multiplie, plus elle perd de son prix, parce qu'elle représente moins : c'est ce que les Espagnols ne comprirent pas lors de la conquête du Mexique & du Pérou. [...]Il s'ensuit de tout ce qui précède, que l'or & l'argent se détruisant peu par eux-mêmes, étant des signes très-durables, il n'est presque d'aucune importance que leur quantité absolue n'augmente pas, et que cette augmentation peut à la longue les réduire à l'état des choses communes qui n'ont du prix qu'autant qu'elles sont utiles aux usages de la vie, et par conséquent les dépouiller de leur qualité représentative, ce qui ne seroit peut-être pas un grand malheur pour les petites républiques ; mais pour les grands états c'est autre chose [...]. [...]Les mines s'épuisent ou deviennent impossibles à exploiter par leur profondeur. L'argent décheoit par l'usage, et ce déchet est beaucoup plus considérable qu'on ne le pense ; et il surviendra nécessairement dans un intervalle de 2000 ans, à compter d'aujourd'hui, quelques-unes de ces grandes révolutions dans lesquelles toutes les richesses d'une nation disparoissent presqu'entierement, sans qu'on sache bien ce qu'elles deviennent : elles sont, ou fondues dans les embrasemens, ou enfoncées dans le sein de la terre. En un mot, qu'avons-nous aujourd'hui des thrésors des peuples anciens ? presque rien. Il ne faut pas remonter bien haut dans notre histoire, pour y trouver l'argent entièrement rare, et les plus grands édifices bâtis pour des sommes si modiques, que nous en sommes aujourd'hui tout étonnés. Tout ce qui subsiste d'anciennes monnoies dispersées dans les cabinets des antiquaires, rempliroit à peine quelques urnes : qu'est devenu le reste ? il est anéanti ou répandu dans les entrailles de la terre, d'où les socs de nos charrues font sortir de tems en tems un Antonin, un Othon, ou l'effigie précieuse de quelqu'autre empereur.DIDEROT, Article « Argent » de l'Encyclopédie, tome l, 1751.DU MÉTAL AU SIGNE?>Le premier paragraphe de l'article livre, comme c'était la règle dans l'Encyclopédie, une courte définition que l'analyse devra prolonger. Cette définition prend appui sur de nombreux travaux d'économie, quoique les auteurs les plus importants de l'«économie classique » soient postérieurs (à la parution de l'article en 1751, Adam Smith avait vingt-huit ans et David Ricardo n'était pas né). Diderot cite dans l'article Montesquieu mais il s'intéressera toute sa vie aux penseurs économistes de son temps, à commencer par les physiocrates.

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