Le dimanche des mères

Le dimanche des mères

De Graham Swift
Traduit par Marie-Odile Fortier-Masek
En stock, expédié aujourd'hui En stock, expédié aujourd'hui 7,40 €
jeudi 27 juin 2019 4 étoiles

Angleterre, 30 mars 1924. La campagne du Berkshire verdoie sous un soleil qui se donne des airs de mois de juillet. Sans doute pour se mettre au diapason de cette journée particulière qu'est le dimanche des mères. En effet, en ce dernier dimanche de mars, les aristocrates du comté accordent, par tradition, une journée de congé à leurs jeunes bonnes afin qu'elles puissent rendre visite à leur mère. Privés de leurs employées, ils ont, pour leur part, décidé d'organiser un pique-nique chez les Hobday, sorte de prélude aux futures noces entre leur fille Emma et le beau Paul Sheringham.
Chez les Niven, comme ailleurs, on se prépare pour cette radieuse journée. Peut-être avec moins d'enthousiasme que par le passé, quand les fils de la région étaient encore de fringants jeunes hommes appelés à un brillant avenir, quand la guerre n'avait pas encore privé les grandes familles de leurs héritiers. Milly, la cuisinière, compte prendre le train pour aller voir sa mère. Mais que va faire Jane qui est orpheline ? Une promenade à bicyclette dans la campagne ? Une journée de lecture dans la bibliothèque de Monsieur Niven ? Alors qu'elle hésite, un coup de fil vient décider de son programme. Paul, le futur marié, l'invite dans le manoir familial pour une après-midi d'amour. Pour la première fois, elle pourra entrer par la grande porte. Pour la première fois, elle pourra découvrir la chambre de son amant. Pour la première fois, elle disposera de la maison quand il partira rejoindre sa fiancée. Tant de premières fois pour ce qui sera sans doute leur dernière étreinte...

Une journée particulière dans la vie d'une jeune fille qui s'en souvient encore dans les moindres détails quelques soixante années plus tard. Une journée fondatrice, une parenthèse hors du temps, une récréation... Soleil, langueur, paresse, sensualité, sexe et drame, pour un moment de lecture envoûtant, une ode à la femme, belle, désirable et libre. À la littérature aussi. Celle de Conrad, de Stevenson, dite "de garçons" et que Jane aime à découvrir. De la passion de la lecture à la passion de l'écriture... un cheminement né peut-être par une chaude journée de 1924, quand le temps s'est arrêté, la laissant seule pour réfléchir, se chercher, se trouver.
Roman d'un amour interdit mais surtout roman de la liberté, du choix, de l'appétit de vivre. Un livre lumineux, poétique, vivifiant.


La fleur de l'illusion

La fleur de l'illusion

De Keigo Higashino
Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés Sur commande, habituellement expédié sous 4 à 7 jours ouvrés 8,80 €
mercredi 26 juin 2019 5 étoiles

Après le suicide inexpliqué de son cousin, Lino décide de passer plus de temps avec son grand-père. Elle découvre alors que cet ancien laborantin, spécialisé en botanique, entretient un jardin de fleurs superbes. Pour partager son expérience, elle lui propose de créer un blog avec photos et explications. Il accepte à condition qu'elle ne présente pas la mystérieuse fleur jaune qu'il vient de faire pousser. Mais quand son grand-père est tué lors d'un cambriolage, Lino publie tout de même une photo de la fleur inconnue. Elle est très vite contactée par un botaniste qui lui conseille de supprimer la photo et d'oublier la fleur jaune. Pourtant, intriguée, Lino décide d'en apprendre plus. Elle se rend chez le botaniste et y rencontre son jeune frère Sôta. Pas très proche de son aîné, celui-ci sait tout de même qu'il n'est pas botaniste mais policier. Curieux, il s'allie à Lino pour résoudre le mystère de cette fleur et de son frère.

Où l'on retrouve la délicatesse et la pudeur caractéristiques de l'écriture de Keigo Higashino. Au cœur de ce polar, une fleur jaune qu'entourent bien des mystères. On y rencontre une famille massacrée à coups de sabre, une autre qui ne manquerait pour rien au monde le marché aux ipomées de Tokyo, deux adolescents qui s'aiment mais qu'on oblige à ne plus se voir, un jeune homme brillant qui se défenestre, une nageuse pressentie pour participer aux jeux olympiques qui arrête brutalement la compétition, un faux botaniste, un étudiant en ingénierie nucléaire, un policier reconnaissant... et une foule d'autres personnages, tous reliés entre eux par cette fameuse fleur jaune.
Entre secrets de famille, manipulations génétiques et morts suspectes, Higashino, comme à son habitude, tisse une toile subtile et complexe, un puzzle dont les morceaux ne se mettent en place qu'à la toute fin. Un grand auteur qui prouve que polar et littérature peuvent faire bon ménage. Chacun de ses livres est un coup de cœur.


Le cycle de Dune, 3, Les enfants de Dune

Le cycle de Dune
Les enfants de Dune

3
De Frank Herbert
Traduit par Michel Demuth
Indisponible sur notre site Indisponible sur notre site
samedi 22 juin 2019 2 étoiles

Paul, le Muad'Did, parti se perdre dans le désert, probablement mort, a laissé derrière lui une planète luxuriante, un empire, et ses jumeaux Léto et Ghanima. Âgés de 9 ans, les enfants ont la sagesse et l'expérience de toutes les générations qui les ont précédés. Appelés à régner, ils excitent bien des convoitises, au sein même de leur famille. Sauront-ils résister à l'Abomination à laquelle leur tante Allia, la Régente, a déjà succombé ?

Un tome très mystique où Frank Herbert étale ses considérations philosophiques et religieuses. Pour les fans de SF, tout cela doit être passionnant, pour les profanes, c'est plutôt obscur. Les jumeaux ont beau avoir 9 ans, leurs dialogues sont des performances ésotériques difficilement appréhendables pour le commun des mortels.
Donc entre complots en tout genre, fomentés par des vivants et même des morts, pensées complexes, considérations religieuses et autres joyeusetés, on a du mal à venir à bout de ce tome trop bavard et compliqué. La suite attendra.


Montagne claire, montagne obscure

Montagne claire, montagne obscure

De Kaoru Takamura
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vendredi 21 juin 2019 3 étoiles

En 1976, dans les Alpes japonaises, un couple se suicide dans sa voiture. Horoyuki, leur petit garçon, réussit à s'échapper et erre quatre heures dans la montagne avant d'être retrouvé par la police. Après un séjour à l'hôpital, il est envoyé à Tokyo chez des membres de sa famille.
Quelques jours plus tard, le 21 octobre, le lieutenant Sano et le brigadier-chef Tobe parcourent pour la deuxième fois la même route de montagne. Cette fois, c'est d'un homicide qu'il s'agit. Un randonneur égaré a été battu à mort par Iwata Kôhei, un ouvrier ayant abusé de saké.
En 1989, des pluies intenses provoquent un éboulement qui met à jour le cadavre d'un randonneur non identifié. L'emplacement étant proche de la cabane d'Iwata, Sano et Tobe se rendent à Tokyo pour l'interroger. Sur place, le lieutenant Gôda leur grille la priorité. Il est là lui aussi pour interroger Iwata, dans le cadre d'une enquête sur un cambriolage avec violence.
En 1992, Horoyuki vit chez l'infirmière qui s'est occupée de lui lors de l'un de ses nombreux séjours en hôpital psychiatrique. Depuis le drame de son enfance, le jeune homme connaît des cycles triennaux : trois ans de montagne claire où il est calme, apathique, trois ans de montagne obscure où il est dirigé par ''l'autre'', un certain Marks qui lui fait faire des choses effroyables.
Au même moment, deux crimes sont commis à Tokyo. D'abord un ancien yakuza, puis un procureur. A priori rien ne les relie et la direction de la police ordonne deux enquêtes séparées. Pourtant, le lieutenant Gôda a remarqué des similitudes dans les blessures infligées aux victimes mais il doit obéir aux ordres.

Une intrigue complexe, voire alambiquée, une enquête qui traîne en longueur, un coupable très vite repéré, voilà pour les points négatifs du trop long polar de la japonaise Kaoru Takamura. Cependant, si l'on passe outre ces défauts, il reste une peinture assez intéressante du travail de la police japonaise. Une administration hyper-hiérarchisée qui ne laisse pas beaucoup de place à l'initiative personnelle. On obéit aux ordres, on respecte ses supérieurs et on tente tant bien que mal de faire son chemin dans un univers où n'existent ni la coopération entre services, ni l'entraide au sein d'une même équipe. Concurrence, inimitié, mépris, les policiers ne sont pas tendres entre eux, se mettent des bâtons dans les roues, cachent émotions et sentiments sous le masque du contrôle de soi et supportent des horaires à rallonge et la solitude qui bien souvent accompagne ces carrières.
Et ce nid de vipères n'est pas seul à être évoqué dans le roman, la société japonaise toute entière est montrée du doigt. Là encore, le respect de la hiérarchie sclérose les ambitions individuelles. Les puissants usent et abusent de leur position, sans souci d'être inquiétés par la justice, magouillant à coup de pots-de-vin, s'attachant même les services des yakuzas.
Au milieu de tout cela, l'inspecteur Gôda, baskets blanches non réglementaires aux pieds, solitude chevillée au coeur depuis son divorce, essaie de comprendre le monde qui l'entoure et les motivations de ses contemporains. Il remonte lentement vers la source du mal, il sait que les crimes d'aujourd'hui s'expliquent par les actes commis hier, il sait que la montagne cache bien des secrets et que son versant ensoleillé a un pendant obscur.
Un roman intéressant mais un peu longuet.


Soledad

Soledad

De María Dueñas
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mardi 11 juin 2019 3 étoiles

Mexico, 1860. Venu d'Espagne avec pour seuls bagages deux enfants orphelins de leur mère morte en couches, Mauro Larrea a fait fortune dans les mines d'argent au fond desquelles il a commencé par travailler comme simple mineur. Désormais riche, introduit dans la meilleure société mexicaine, il n'a plus qu'un seul souci : remettre son fils Nicolas dans le droit chemin en l'unissant avec la fille d'une des plus grosse fortune de la ville. Hélas, ses beaux projets s'envolent en même temps qu'éclate la guerre de Sécession aux Etats-Unis où ses derniers investissements sont bloqués. Ruiné, Larrea veut avant tout sauver les apparences et protéger ses enfants de la honte. Il quitte le Mexique à la hâte et embarque pour Cuba dans l'espoir d'y trouver des affaires juteuses susceptibles de le remettre rapidement à flot. Les hasards de la vie font de lui le propriétaire d'un domaine viticole en Andalousie. Le voilà donc de retour au pays natal avec l'idée de tout vendre pour rentrer à Mexico les poches pleines. Le temps presse et pourtant...sa rencontre avec l'envoûtante Soledad Montalvo Claydon pourrait mettre à mal toutes ses certitudes.

Évasion, exotisme, aventures, romantisme... Maria Dueñas nous convie à un voyage dans le temps et dans l'espace et nous emmène à la fin du XIXè siècle, au Mexique, à Cuba et en Espagne. C'est l'occasion pour elle d'évoquer un empire colonial espagnol qui commence à se déliter, confronté aux envies d'indépendance de ses colonies d'Outre-mer. Le Mexique est déjà un pays libre qui a fait la fortune des exploitants miniers tandis que Cuba reste dans le giron de la mère patrie, pratique l'esclavage et la traite négrière. Grâce à un travail de documentation d'envergure, l'auteure décrit avec précision les mœurs, le mode de vie, les transports, les technologies propres à l'époque. En Espagne, elle nous entraîne dans le monde des vignobles de Jerez de la Frontera, chais, caves, vignes et riches familles de viticulteurs. C'est en Andalousie qu'apparaît la belle Soledad qui donne son nom au roman. Avec elle, l'histoire prend un tour plus tragique, plus romantique, plus stéréotypé. Entre commerce du vin, secrets de famille et amour impossible, la rencontre entre Mauro Larrea et Soledad Montalvo fait des étincelles mais n'est pas entièrement convaincante...
Le roman souffre de quelques longueurs, l'histoire ronronne sans jamais décoller jusqu'à sa fin prévisible. Curieusement, malgré les voyages, l'aventure, les grands sentiments, Soledad manque de souffle et n'atteint pas le niveau de "L'espionne de Tanger", le premier roman de Maria Dueñas. Une lecture plutôt laborieuse et assez décevante.